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Publi le jeudi 17 juillet 2008

:: Jeudi 17 juillet 2008 ::
Sur les planches.

Il me faut trente minutes de marche, de chez moi à mon job d’été.

Je ne suis jamais essoufflée, j’adore marcher. J’adore arpenter la ville quand la plupart des citoyens dorment encore, profitant des vacances. L’air est frais, doux. Quand j’inhale ces bouffées d’oxygène, j’ai la sensation d’être plus légère. Un peu comme si j’étais purifiée. Mon regard saute d’un point à l’autre du paysage : des oiseaux sur un mur, une veille dame à sa fenêtre, le vert énergisant d’un arbre,… J’observe le monde, loin du vacarme de mes murs, un pas après l’autre, j’oublie les briques qui m’enjôle.

 

J’oublie.

 

Le monde est différent. Il semble ne jamais avoir été noir. Comme un vieux souvenir tronqué, improbable. Mes pensées ne sont plus polluées, je peux enfin m’ouvrir sans crainte. Comme les bras d’un parent qui s’ouvre pour l’enfant qu’il aime. La beauté du monde me berce, la nature m’apaise.

 

Puis arrive la foule et le rôle qu’il me faut jouer. Ca n’est pas déplaisant, c’est un jeu. Jongler avec le karma des gens et modeler ma personnalité pour qu’ils apprécient celle que j’incarne. La plupart du temps, j’y arrive sans difficulté. Le temps d’une vente, d’un renseignement, d’une soirée.

J’opère de la même manière hors du boulot, dans mes études… C’est assez facile lorsque les gens ne veulent pas établir de relation durable.

 

Jouer le jeu, interpréter un rôle, s’imbriquer dans la société. Etre connue de tous, mais en restant une anonyme.

Même de moi.

 

Le soir, je rentre, toujours à pied. Il me semble que mes chaussures sont lourdes, la route est stressante et oppressante. Je porte comme fardeau ma journée de mensonge. Complètement paumée, je pousse la porte de son domicile. Je ne suis pas moi et je n’ai pas de chez moi. L’air devient compact, j’ai la sensation d’être écrasée. Alors, comme vous vous en doutez, je finis par bouffer.

 

Et tous les jours, je recommence.

Ainsi va la vie, la valse du temps, déterminée par une inconnue dont j’apprécierais qu’elle me conte la fin.                                                                                                                               


:: zouma 2008-07-17 03:36:06 [Permalien] ::
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1 Commentaire :

Commentaire crit le jeudi 17 juillet 2008 à 09:54:48 (lien)
filou - ma terre a deux lunes
Ça fait plusieurs temps que je te lis. J\'ai voulu y répondre, mais je ne savais pas trop quoi dire: tu es tellement à fleur de peau.
Ce que tu écris aujourd\'hui me semble - à moi - très positif et sensible. Peut-être (c\'est juste une suggestion) comme je l\'ai vu chez d\'autres éditeurs hébergés ici, tu pourrais - quand tu prends ces décisions (vis-à-vis de toi) - rénover la présentation de ce que tu publies (c\'est assez facile, d\'après ce que j\'ai pu voir, étant aussi rédacteur d\'une tribune) ou actualiser la photo que tu partages (paraitre comme tu ressembles au jour où tu écris) te remarquer, garder surtout l\'envie de te surpasser.
Je te dis ça parce que, moi aussi, j\'accumule mes problèmes avec le monde, depuis que je me connais. Et parce que je sais que c\'est quand même possible d\'être meilleur que l\'image qu\'on nous renvoie (ou qu\'on se renvoie tout seul) C\'est simplement pas facile... mais ça vaut le coup.
Bon, je sais plus comment finir ce post (je te l\'écris en commentaire, si tu veux l\'effacer tu peux - c\'est cool) A+. Filou



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