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Publi le jeudi 03 juillet 2008

:: Jeudi 03 juillet 2008 ::
Maturité

Putain ! Mais d’où me vient cette rage…

Je sais que je radote et que je finis toujours par dire la même chose. Mais, non de dieu, comme j’aimerais me taper la tête contre le bord de la table. J’ai dans l’idée que c’est la seule chose qui peut me calmer. Dans ma tête, sous mes os crâniens, bouillonne une chose étrange que je n’arrive pas à nommer. Ca a la fureur d’un titan. Le souffle du chaos.

 

Je ne peux pas m’empiffrer.

 

Une année de plus, à traîner les pieds dans ce calvaire. A céder à des chantages odieux pour garder pignon sur l’enfer. J’étouffe, et je n’ai pas la force de claquer cette porte. Cette femme, bien plus petite que moi, n’a pas fini de faire de ma vie un bagne. Bientôt drapée de blanc, cette sorcière me propose une pomme, que j’accepte pour son bon sourire. Pourtant, je connais la chanson…

 

C’est à cause de l’espoir. Cette saloperie fait, d’un lampion, un gigantesque feu d’artifice. Alors, quand elle est aimable plus d’une heure, je m’emballe. J’ose imaginer qu’elle est en train de changer. Mais personne ne change. Et bientôt, elle revient avec toutes ses bassesses. Le probable avenir que j’imaginais s’évapore.

 

Et a nouveau, c’est le vide. Je redeviens orpheline.

Seule au monde.

La sensation étrange de ne pas être à ma place, mais bien obligée d’être là. Je n‘ai pas le choix.

 

Comme lorsque j’étais gamine. Pendant la nuit, mon petit frère hurlait. Ma mère travaillait de nuit. Mon père cuvait. Alors, du haut de mes huit ans, je me transformais en maman. J’allais m’allonger sur le sol dur de sa chambre, à côté de son lit cage. Je lui donnais la main pour le rassurer, ne sachant pas trop quoi faire. J’étais tétanisée à l’idée qu’il meurt. J’imaginais le pire, et je n’arrivais pas à savoir ce qu’il faudrait faire. Je crevais de froid. Il faisait noir. Morte de trouille. Endossant les épaules d’une femme que je n’étais pas encore. Je culpabilisais à l’idée de fermer un œil.

 

La solitude qui mortifiait mon corps recroquevillé durant ces nuits de veilles, ne m’a plus jamais quittée.

Bon dieu ! Que ça fait mal…

A ces années que l’on m’a dérobé, je pleure (enfin).

 

La vie n’a plus de goût… Depuis trop longtemps mature, comme une fruit arrivé à l’apogée de sa croissance, je finis de m’altérer.


:: zouma 2008-07-03 14:23:30 [Permalien] ::
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